


Lutte contre le cancer: Lilou Clary marque les esprits. (Midi-Libre 14 mai 2009)
La première fois, en décembre, Lilou Clary avait accepté de révéler, à Midi Libre, sa maladie, un deuxième cancer du sein, et annoncer son désir de se battre pour elle et pour tous les autres. Le dosage des marqueurs, qui peut anticiper la récidive du cancer, et qui avait permis de soigner plus tôt sa récidive, elle voulait le rendre obligatoire.
Depuis, pas un jour sans cette idée en tête. Bornée Lilou ? Peut-être ! N’empêche : hier soir, en organisant grâce « aux copines » - dit-elle - du Zonta club Nîmes Romaines, un débat sur le sujet des marqueurs, Lilou a vu une partie de son engagement récompensée. Ces mails envoyés par centaines - jusqu’à Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, et l’Élysée ! -, ces courriers répétés au professeur Henri Pujol, président de la Ligue contre le cancer, ces échanges partagés avec les professeurs Jean-Paul Bureau et Pierre Marès ont pris une nouvelle dimension quand elle a vu arriver près de trois cents personnes. Hier, à Pablo-Neruda, il n’y avait pas assez de place pour tout le monde.
Dans la salle comble, des femmes, dont on devine qu’une majorité a vaincu la maladie… Et qui restent inquiètes, hantées par le retour du mal. Alors oui ou non, faut-il rendre obligatoire le dosage des marqueurs CA15,3 ? Ces marqueurs ne permettent pas de déceler un cancer du sein, ils n’empêchent pas non plus la rechute, mais peuvent anticiper sa prise en charge du deuxième cancer « de trois à sept mois », selon Henri Pujol.
Le sujet est sensible. Il fait débat au sein-même de la communauté des cancérologues. Pour certains, « ça ne sert à rien ». Henri Pujol, lui, joue sur la nuance : « Je dirai qu’il faut fortement le conseiller. Quand le cancer est déclaré, il faut le suivre au plus près. » Le professeur Camille Lapierre, président du conseil régional de l’Ordre des médecins, n’apporte pas de réponse aussi tranchée, mais insiste sur un autre élément, également indispensable, “la confiance”. Dans la salle, Louis rebondit et raconte une anecdote, celle du professeur Henri Pujol qui, au moment où son cancer fut décelé, l’a comparé à un match de rugby, qu’il gagnerait. Et ensemble, ils ont gagné. Lilou Clary, elle, raconte qu’elle n’est jamais restée sur son lit, même les jours de grosse fatigue au lendemain des séances de chimiothérapie, simplement parce que le professeur Bureau lui avait dit : « On ne se couche pas devant le cancer. » Plus qu’une affaire de marqueurs, Lilou Clary transmet un message d’espoir. En sortant de l’auditorium hier soir, certaines femmes avaient les larmes aux yeux.
A. B.
De nouvelles initiatives sont en cours de préparation

